mardi 21 mai 2013

Les amours de rodage.

La plupart des gens ne comprennent pas ma manie de relire les mêmes livres, de revoir les mêmes films et jusqu'à ce soir, je dois avouer que finalement je ne la comprenais pas non plus. Je ne la comprenais pas dans le sens où moi-même, je me trompais sur les raisons de cette manie.
Jusqu'à ce matin, je pensais que c'était une manière de rester dans l'enfance, que c'était comme ma tradition, ma manière de retrouver un sentiment de bonheur, les livres c'est toute ma vie après tout, les livres qu'on préfère procurent un sentiment de contrôle, là au moins je connais la fin de l'histoire.. J'ai faisais fausse route. C'est fou comme on arrive à avoir des évidences sur certaines choses, et parvenir à les renier pour se convaincre d'autre chose, et pourquoi..? Moi et mon inconscient. Une longue histoire d'amour qui ne connaîtra jamais la routine, on se redécouvre chaque jour.
J'ai plein d'idées sur la vie, les choses, les gens,l'amour et moi mais aujourd'hui en revisionnant Les Amants du Flore, j'ai compris plusieurs choses.
J'ai cru avoir été malheureuse parce que j'ai cru avoir aimé, mais c'était faux, j'étais amoureuse de l'amour, de l'idée du couple, je me l'imposais au lieu d'attendre qu'il s'impose à moi comme on dit. Je n'ai jamais reçu parce que je n'ai jamais donné, et si j'ai une fois reçu ça n'a pas marché parce que je ne voulais pas,je n'étais pas prête au fond à ce qu'on me donne.
"Donner quelque chose qu'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas.." 
Je comprends cette phrase maintenant. L'amour n'a jamais été assez fort pour me faire douter de moi,il n'a jamais assez bouleversant pour me changer, pour que je me renie, pour que je me rende et que je donne tout pour quelqu'un d'autre que moi-même. Je n'ai jamais eu le sentiment d'absolu. Je n'ai jamais rien senti. 
Et pourtant oui j'ai été triste, j'ai déjà pleuré pour un homme, j'ai déjà vécu juste pour un homme, j'ai déjà supporté la vie à cause d'un homme, j'ai déjà maudit un homme et sincèrement regretté que nos chemins se soient croisés mais je m'en suis remise plutôt rapidement finalement. C'est Sartre qui a raison, pas lorsqu'il dit que "l'enfer c'est les autres", non je trouve toujours cette affirmation trop radicale, non il a raison lorsqu'il dit dans le film que les autres ont des sentiments et qu'ils nous le font payer cher. C'est ce que j'ai fait, je leur ai imputé à chaque fois tout mon malheur parce que parlons peu, parlons bien, c'était l'autre le problème, c'était tous simplement eux qui avaient tort, et bien sûr à chaque fois.
Longtemps je fus immature, là réside la véritable explication de cette succession d'échecs cuisants.
L'amour c'est une histoire de grandes filles et de grands garçons.

9 commentaires:

  1. Réponses
    1. comme d'habitude, autant le fond que la forme, et aussi comme d'habitude le fond me perturbe, me fait réfléchir, au point de ne rien pouvoir en dire... ! :)

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    2. Dis moi ce qui sera ressorti de ta réflexion alors :)

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    3. que c'est mon cas aussi : me battre pour créer l'amour qui n'existe pas, parce que j'y crois. ça fait 3ans que j'essaie de faire fonctionner mon couple alors que tout prouve qu'il n'est pas amoureux de moi. Mais je me rattache aux petits détails qui me permettent d'être aveugle :/
      J'ai vachement peur du futur, de l'inconnu, du coup j'évite de prendre de grande décision (de changement de situation géographique, pro, amoureuse)...

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    4. Il faut absolument que tu lises "l'insoutenable légèreté de l'être " de Milan Kundera !
      Quant à ce que tu devrais faire pour ton couple, je ne me permettrais pas de te donner un conseil, mais à ta place je foncerais vers ce dont j'ai peur justement, la rencontre avec l'inconnu c'est aussi la rencontre avec soi,une partie de soi qu'on ne connaissait pas..

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    5. j'ai essayé de lire ce bouquin 2 fois dans ma vie, à chaque fois j'ai abandonné au bout de quelques pages tellement ça me déprimait. Je me suis dit qu'un jour je me forcerais, quitte à être déprimée tout le long du roman... ;)
      Mes peurs me rendent esclaves, mais je me demande s'il n'y a pas une part de nous que ça arrange d'avoir peur...
      (J'ai presque autant peur d'un avenir avec monsieur, qu'un avenir sans lui, c'est le comble !)

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    6. La première fois il m'a déprimée aussi parce que j'etais avec un mec qui me faisait un peu la même chose que Thomas dans le roman, et je voulais forcer? Un peu comme toi avec Monsieur. Le phénomène d'identification est très aisé dans ce roman, c'en est troublant.. Mais il y a tellement de comportement et de choses décrits dans ce livre que j'ai pu reproduire que j'ai été choquée,et j'ai enVie de dire que le livre est un peu du genre "passif-agressif", 'fin je l'ai senti comme ça. Ça arrange clairement d'avoir peur, tu restes dans ta zone de confort et rien ne peut t'arriver,tu maîtrises tout mais justement c'est aussi l'ennui total.. Sors de ta zone de confort (phrase pas cliché de tout), tu pourrais être surprise par toutes les possibilités qui s'offrent à toi, et surtout tu pourrais être surprise par toi même!

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    7. hahaha mais je l'aime ma zone de confort ! ( on peut remplacer par "monsieur" aussi ^^)
      Je comprends ce que tu dis, et d'ailleurs c'est souvent le cas quand un livre me met mal à l'aise c'est qu'il colle un peu trop à ma réalité !

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